Conseil Municipal du 9 avril 2026
Taxe foncière : le discours et la hausse
Après cet été caniculaire, les propriétaires de Montrouge reçoivent leur avis de taxe foncière avec une augmentation de 25%, ce qui place la ville au 3ème rang des augmentations pour les villes moyennes en France, suivant France Info. Seules 11 villes de plus de 40 000 habitant.es ont fait ce choix d’après la même source. Si seul.es les propriétaires sont concerné.es en premier lieu, cette hausse peut peser sur leur budget – et sera sûrement répercutée aux locataires.
Pour les Écologistes de Montrouge, cette hausse soulève trois questions :
- La transparence : lors de la campagne municipale, la majorité a mis en avant une ville bien gérée et une modération fiscale, voir par exemple cette vidéo de campagne. Or, cette augmentation n’avait pas été annoncée. Comment concilier ce discours avec cette décision ?
- La justification : le document d’orientation budgétaire, débattu lors du conseil municipal du 9 avril, devait permettre d’éclairer ces choix. Le groupe Montrouge Autrement, dont les Écologistes de Montrouge font partie, l’a étudié : sur la question de la taxe foncière, la seule mention est :
La municipalité fait le choix d’une évolution de 5 points de la fiscalité locale sur le foncier bâti permettant de dégager des recettes supplémentaires.
Cette formulation ne précise pas les raisons de ce choix. Voir la page 35 du PV du conseil municipal du 9 avril 2026. - Le cas de 2020 : ce n’est pas la première fois qu’une hausse de la taxe foncière est décidée sans avoir été annoncée en campagne. En 2020, le taux avait déjà été augmenté de 30% de la même façon, sans le mentionner pendant la campagne comme le rapporte le Parisien.
Quand on est une majorité installée depuis des années, augmenter les impôts juste après l’élection sans l’avoir mentionné pendant la campagne pose un double problème : sur le plan de la transparence et sur celui du débat démocratique.
De leur côté, les Écologistes de Montrouge privilégient une dépense publique plus ordonnée et une recherche de subventions plus efficace, associées à plus de transparence et d’implication citoyenne.
Vous pouvez retrouver nos propositions concernant l’action publique, les personnels municipaux et les finances municipales dans le programme de Montrouge Autrement, page 7, ainsi que notre vidéo Instagram sur la question.
Il n’y a pas de contre-partie claire à cette hausse massive, pas de plan pluriannuel d’investissement présenté.
Quelques projets (distillerie, futur parc près du centre médical) mais rien qui puisse justifier un tel niveau de hausse. On avait calculé 7 millions d’euros en plus par an, c’est énorme sur un budget d’une ville comme Montrouge, dont le budget de fonctionnement est de 93 M€ (en 2024).
La mairie met en avant le désengagement de l’État à travers notamment la baisse de la dotation globale de fonctionnement. Mais le compte n’y est pas. La hausse va bien au-delà d’une simple compensation de la baisse des dotations de l’État. C’est d’autant plus préjudiciable pour les montrougien.nes que le contexte est très défavorable pour le pouvoir d’achat…
Avec 2,1% d’inflation prévue sur 2026, due notamment aux tensions internationales, dont dans le détroit d’Ormuz, l’OFCE, un institut de prévision économique respecté et classé plutôt à gauche annonce un recul de 0,7% du pouvoir d’achat en France. Les montrougien.nes vont avoir la double peine : baisse du pouvoir d’achat et hausse des impôts fonciers. Et pas de service public supplémentaire pour faire face à ces temps difficiles !
